25 novembre : Journée internationale contre les violences faites aux femmes, comment agir concrètement ?

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Chaque année en France, les chiffres des violences faites aux femmes ne reculent pas. En moyenne, chaque année, en France, 213 000 femmes sont victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint, selon le Rapport d’enquête « Cadre de vie et sécurité », 2019.

Au 23 novembre 2025, on dénombrait déjà 152 féminicides depuis le début de l’année. Face à cette réalité alarmante, la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes du 25 novembre rappelle l’urgence d’agir.

Nous avons rencontré Violette Perrotte, Directrice Générale des Maisons des femmes Restart à l’occasion de la journée internationale contre les violences faites aux femmes, comment agir concrètement ? , pour comprendre comment ces structures accompagnent au quotidien les victimes et comment chacun peut contribuer à faire reculer ces violences.


Violences faites aux femmes : un fléau qui ne recule pas

Les violences faites aux femmes prennent de multiples formes : psychologiques, économiques, physiques ou sexuelles. Elles touchent toutes les femmes, quel que soit leur âge ou leur milieu social.

Des chiffres qui interpellent

  • Plus de 4 femmes sur 10 seront victimes de violence économique dans leur vie. ( Ifop / Les Glorieuses 2023)
  • Une femme sur six débute sa vie sexuelle par un rapport non consenti et désiré (enquête #NousToutes, 2020)
  • Plus d’une femme sur deux (53%) a déjà été victime de harcèlement ou d’agression sexuelle au moins une fois dans sa vie (sondage Le Figaro et FranceInfo, 2017)

Comprendre le mécanisme de l’emprise

Les violences conjugales ne commencent pas par des coups. Elles débutent par des violences psychologiques : minimisation, rabaissement, insultes, contrôle. Un mécanisme d’emprise très lent qui ne se fait pas du jour au lendemain.

« Personne arrive pour un premier rencard et donne une gifle ou un coup à la personne. C’est un mécanisme qui est très long et très insidieux, qui se met en place progressivement. Quand les coups finissent par apparaître, les femmes sont déjà prises dans un mécanisme dont il devient extrêmement difficile de s’extraire » — Violette Perrotte

Les agresseurs ne sont pas des inconnus

Dans 91% des cas de violences sexuelles, les femmes connaissent leurs agresseurs. Ce ne sont pas des inconnus dangereux, mais bien les partenaires, amis, frères, collègues ou proches (Rapport d’information Auconie et Rixain, 2018).


Les Maisons des femmes Restart : des lieux d’accueil et de reconstruction

Créée en 2016 à Saint-Denis par le Dr Ghada Hatem, gynécologue obstétricienne, la première Maison des femmes a révolutionné la prise en charge des victimes de violences en France. Aujourd’hui, 31 Maisons existent sur le territoire français et à Bruxelles.

Un accompagnement global et pluridisciplinaire

Le principe des Maisons des femmes repose sur le guichet unique : tous les professionnels nécessaires sont regroupés dans un même lieu pour éviter aux victimes d’avoir à raconter leur histoire plusieurs fois dans différents endroits.

Dans ces unités hospitalières, les femmes peuvent consulter notamment :

  • Un médecin, une sage-femme
  • Un psychologue, un psychiatre
  • Une assistante sociale
  • Un juriste
  • Souvent, elles peuvent aussi porter plainte sur place auprès d’un policier

Elles ont également accès à des ateliers psychocorporels essentiels à leur reconstruction : théâtre, karaté, estime de soi. Ces ateliers permettent de reprendre confiance en soi, de se reconnecter à son corps et de réduire les symptômes de psychotraumatisme.

« À la Maison des femmes, la première chose que l’on essaye de faire, c’est d’aider les femmes à prendre conscience du mécanisme des violences qui s’est mis en place. ~~~~L’idée est d’arrêter de mettre des excuses sur des comportements qui sont réfléchis et assumés de la part des agresseurs. » — Violette Perrotte


25 novembre : une journée pour sensibiliser et agir

La Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes du 25 novembre est une occasion de sensibiliser le grand public et de rappeler que chacun peut agir à son échelle.

Comment agir concrètement ?

1. Soutenir les associations et structures d’accueil

Les Maisons des femmes ne pourraient pas fonctionner sans les dons privés qui financent les salaires des professionnels (médecins, infirmières, sages-femmes, sexologues, psychologues, psychiatres) et les ateliers de reconstruction. Depuis 2020, plus de 900 000 € ont été collectés pour les Maisons des Femmes Restart via L’ARRONDI solidaire.

« Grâce aux arrondis en caisse et aux arrondis sur salaire, on peut faire tourner les Maisons des femmes, les 31 Maisons des Femmes, très concrètement, tous les jours, pour aider les femmes victimes de violences. » — Violette Perrotte

2. Être vigilant dans son entourage

En cas de doute sur un vécu de violence dans son entourage, n’hésitez pas à en discuter avec la personne et à proposer votre aide. Orientez ensuite vers les structures spécialisées comme les Maisons des femmes.

« Ne jamais avoir peur de poser la question, d’ouvrir la porte, de proposer son aide, et si nécessaire, de rediriger vers les associations et les Maisons des Femmes pour que le relais soit pris. Ce problème nous concerne toutes et tous, et la solution doit être apportée par toutes et tous aussi. » — Violette Perrotte

3. Renforcer l’éducation au consentement

Pour faire reculer ces violences sur le long terme, il est essentiel d’appliquer réellement la loi imposant trois séances d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (VAS) par an, de la maternelle à la terminale.

« Ce qui me choque le plus, ce n’est pas seulement qu’autant de jeunes femmes débutent leur vie sexuelle par un viol, mais qu’il existe autant d’hommes et de garçons prêts à commettre ces actes, souvent sur des mineures qui découvrent la sexualité. Les VAS ne sont pas faites pour apprendre aux filles à se protéger, mais pour enseigner aux garçons ce qu’est le consentement. » — Violette Perrotte


Conclusion : mobilisons-nous toutes et tous

Les violences faites aux femmes ne reculent pas. Face à cette urgence, les Maisons des Femmes accompagnent chaque jour des milliers de victimes grâce à un modèle d’accompagnement global et humain.

En ce 25 novembre, chaque geste compte : donner, écouter, s’informer, orienter. Car comme le rappelle Violette Perrotte, ce problème nous concerne toutes et tous.

Découvrez le témoignage complet de Violette Perrotte sur les actions des Maisons des femmes et comment agir concrètement.


Ressources utiles :

Sources :

  • noustoutes.org – Décompte des féminicides et chiffres clés
  • Enquête #NousToutes sur le consentement dans les rapports sexuels (2020)
  • Enquête Cadre de vie et sécurité, INSEE (2011-2018)
  • Rapport d’information Sophie Auconie et Marie-Pierre Rixain (2018)
  • Sondage Le Figaro et FranceInfo (2017)
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